UNANIITA MBWA? ITHAKA NA WIYATHI!

(08.11.2024 - 25.01.2025)

En 1963, le Kenya obtient son indépendance de la Grande-Bretagne après une longue lutte pour sa libération. Le conflit qui dure dix ans, connu sous le nom de rébellion Mau Mau, est mené par des membres du peuple Kikuyu. Ce fut la guerre anticoloniale la plus longue et cruelle de cette colonie britannique. Bien que brutalement réprimée par les autorités en place, la résistance des Mau-Mau jette les bases de la décolonisation du Kenya. Le gouvernement kenyan reconnaît finalement aujourd’hui les combattants Mau Mau comme des héros et héroïnes, tout en réprimant le plaidoyer sur la rébellion et la réponse impitoyable de la Grande-Bretagne. Déjà marginalisés, ceux qui ont conçu et mené la révolte vieillissent, perdent la mémoire et disparaissent. Leurs descendants et les générations futures ne disposent que d’une connaissance déformée et fragmentée des vies et des morts de ceux qui ont lutté pour un Kenya indépendant.

Les vestiges de la violence coloniale continuent de hanter le Kenya contemporain. Les violences électorales et les disputes foncières en cours ravivent des dynamiques étrangement similaires à celles de l’ère coloniale. Ceux qui étaient autrefois opprimés utilisent maintenant les tactiques de leurs oppresseurs. Ceux qui étaient autrefois réduits au silence participent désormais à la mise au silence. À l’image d’un homme cherchant à cacher ses cicatrices, les Kenyans ont transformé le paysage afin d’effacer les traces laissées d’abord par la violence coloniale, puis par la violence politique interne. Là où se trouvaient des camps, des exécutions, des tortures et des procès, se dressent maintenant des écoles, des églises, des carrières et des aéroports.

NURA QURESHI
 (Turquie, 1977)

Nura Qureshi est une photographe et une artiste visuelle aux techniques mixtes. Sa pratique du photojournalisme est axée sur la documentation historique. En 2008, Nura Qureshi a reçu une bourse pour se rendre au Cambodge et documenter les survivants des Khmers rouges. Elle a également documenté des camps de concentration en Europe, des sites et des résistants Mau Mau au Kenya, ainsi que des missions médicales au Ghana et au Guatemala. Dans son travail de photographie d’art et de techniques mixtes, Qureshi étudie les sites et les pratiques liés aux histoires sombres de l’humanité, telles que la guerre, du colonialisme et du génocide. Basé sur des archives et des entretiens, le travail de Qureshi explore des thèmes liés à la mémoire collective, aux archives historiques et aux relations des gens avec leur passé commun.

Le travail de Qureshi a été présenté dans un certain nombre d’expositions collectives au Kenya en 2016/2017. « Beyond the Tracks » – une collection de travailleurs ferroviaires kenyans – a été sélectionnée parmi les finalistes du prix PhotoWerkBerlin 2015. En 2011, « The Itching Hijab » a fait partie de la Biennial Juried Photography Exhibit à la Edward Hopper House et « Plastic Flowers Dancing in Russia’s Backyard – Tajikistan » a été exposée au Gene Frankel Theater à New York. En 2009/2010, Proteus Gowanus Gallery et The Frying Pan présentent « Photographs Inspired by Unearthed Histories AroundNew York ».

Son œuvre la plus récente, « UNANIITA MBWA ? », réimagine la résistance Mau Mau au Kenya, a été sélectionnée pour le Contemporary African Photography Prize et ICP/GOST First Book Award. Puis expose à Addis Abeba pour Addis Foto Fest en décembre 2018, au Musee Rautenstrauch-Joest of Cologne 2021/2022 et en 2021 dans une exposition collective a C/O Berlin. Aujourd’hui, ce projet est exposé à la Galerie IKONIK de Dakar dans le cadre de la Biennale OFF 2024.

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